L’article où je m’improvise critique (culinaire et de film)

Chronique #lamaladieestcentraledansmavie 

Mercredi matin était une journée magnifique à Montréal (je dois spécifier parce que j’ai maintenant des lecteurs internationaux! Hi guys!), c’est tombé sur la journée où ma mère venait pour sa visite hebdomadaire. Nous avons décidé d’aller déjeuner sur une terrasse puisque nous venions d’avoir un deux semaines de temps très gris.

Direction: Quartier Dix-30, où nous nous sommes cognés le nez au Juliette et chocolat qui n’ouvrait pas avant 10h30 (il était 10h20). Nous avons déambulé en cherchant un endroit pour calmer notre faim et sommes tombés sur une jolie terrasse au restaurant Allô! mon coco. Bien qu’il y avait de l’attente (un mercredi matin wtf?), nous avons quand même tenu à avoir une place sur la terrasse; il faisait trop beau pour ne pas en profiter. Pendant que nous attendions, l’hôtesse nous suggère d’aller marcher, je lui souris et lui explique que même si ça ne paraît pas, je suis handicapée et j’ai besoin de m’asseoir. Je lui demande si nous pouvons patienter à une table libre. Elle a hésité une microseconde avant d’accepter. *high five mental à moi pour la façon dont j’ai géré la situation*

Mes yeux sont alors tombés sur cette affiche:

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Difficile de ne pas la remarquer… Ça doit être un peu comme quand on s’achète une nouvelle voiture, soudainement les routes en sont pleines. En fait, il y en a la même quantité, mais nos lunettes ont changé. Donc on remarque maintenant, ce qui autrefois apparaissait insignifiant. Bref, je me suis dit que je n’avais d’autre choix que de commander cette assiette (heureusement, ça tombait pile dans mes goûts).

Je me suis renseignée un peu plus sur le #spcocochallenge. Ça ressemble un peu au IceBucketChallenge mais en plus salissant. On doit se craquer un oeuf sur la tête. Bien que j’apprécie grandement le soutien et le courage de cette chaîne de restaurants et que je ne peux pas plus soutenir cette cause, je ne ferai pas le #spcocochallenge. Croyez-moi, je comprends la référence et je n’ai pas peur du ridicule, je l’ai fait le IceBucketChallenge en 2014, preuve gif ici:

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Le but derrière cet exercice était de faire ressentir aux gens ce que ça faisait que de vivre avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et d’amasser des dons. Je ne me doutais pas que je foulerais le même sol trois ans plus tard atteinte d’une maladie voisine. La SLA ressemble beaucoup à la sclérose en plaques de forme progressive mais en très sévère (pas celle que j’ai, pour l’instant du moins): neurodégénérative, atteignant la moelle épinière et irréversible. On en demeure conscient mais on perd nos capacités peu à peu. Le seau glacé voulait imiter un effet «paralysie».

La campagne avec le Icebucketchallenge a permis de ramasser plusieurs millions de dollars pour la recherche sur les maladies neurodégénératives et a été un succès massif. Il est facile de voir ce qui a été fait: un lien entre le restaurant, la SP et les réseaux sociaux. Ce qui en soi, est une très bonne idée Win/Win/Win. C’est juste qu’il me semble que c’est une belle occasion manquée de sensibiliser le public à ce qu’est cette maladie. Parce que se craquer un oeuf sur la tête ne ressemble à rien de ce que vivre avec la sclérose en plaques veut dire. Si vous voulez savoir ce que la SP peut faire, lisez cet article. Pourquoi ne pas imprimer des «Saviez-vous que?» sur vos napperons durant le mois de mai et donner de l’information aux gens sur la sclérose en plaques? Je suis certaine que la Société canadienne de la sclérose en plaques se porterait volontaire pour vous aider.

Malgré ce léger irritant, je crois qu’on doit quand même vous faire de la publicité, gratuitement, sans que vous n’ayez rien demandé. J’achète quand même votre produit et je le recommande fortement parce que c’était franchement délicieux (le café mériterait d’être amélioré par contre…). J’achète aussi parce que vos employés sont sensibles aux besoins des personnes handicapées (deux employés se sont empressés de tasser une chaise à une table afin qu’une personne en chaise roulante puisse s’y asseoir) et que vos toilettes sont facilement accessibles pour nous aussi. Merci beaucoup de votre appui!

Section critique culinaire terminée.

Après ce somptueux repas, nous nous sommes dirigés au cinéma pour voir le dernier film québécois de l’été: Bon Cop Bad Cop 2.

Pour être honnête, je dois dire que mes attentes n’étaient vraiment pas élevées à la base. Le premier film était très bon lorsque je l’ai écouté en 2006 (quand j’avais 16 ans) mais il a mal vieilli. Pour l’avoir réécouté récemment, j’ai constaté que le scénario laissait vraiment à désirer. Ce n’est pas du tout le cas de ce dernier film.

Ma critique va demeurer vague, car je vous encourage vraiment à aller le voir et je ne veux brûler aucun punch. Sachez seulement que vous allez rire aux éclats et pleurer à chaudes larmes (si vous avez une sensibilité par rapport à la maladie). Pour être capable de me faire connecter, moi, la Québécoise de 27 ans, avec un Ontarien stéréotype, il faut vraiment que ce soit bien fait. La rivalité Québec/Ontario (franco/anglo) est présente tout au long du film, mais toujours avec humour. On trouve également un sentiment de fratrie avec L’Ontario face aux États-Unis qui font un peu «bully» dans le film. Bref, je vous le recommande chaudement, les failles du premier ont certainement été colligées!

Fin de la section critique

Conclusion

La maladie devient envahissante au quotidien en partie aussi parce que nos lunettes ont changé. On me parle souvent de différentes approches plus «naturelles» pour gérer la maladie (je ne parle pas de méditation/yoga/bien manger/faire de l’exercice, ça, c’est très bien). Je cible le type d’approche nature-bio-végétarien, vous savez, le genre d’approche où on préconise d’accueillir la maladie et la douleur dans son corps pour mieux l’accepter.

Fuck that, sclérose en plaques, t’es pas la bienvenue dans mon corps, tiens-toi le pour dit!

Je vais avoir mal de toute façon et même ceux qui l’acceptent, ils voudraient s’en débarrasser quand même (là si vous avez pensé: «si tu l’acceptais tu aurais moins mal», donnez-vous une claque svp). C’est comme d’accepter le nouveau partenaire imbécile d’un proche; on l’endure parce qu’on n’a pas le choix, mais à la première bévue qu’il commet, on s’empresse de le souligner. Ce n’est pas un peu hypocrite de dire qu’on accepte qu’il fasse partie de notre vie dans ce contexte?

Il faut accepter ce que l’on ne peut changer *me murmure la partie sage en moi* oui, mais si tu t’en débarrasserais à la première occasion? *me crie la nouvelle moi qui a goûté à la colère, au sentiment d’injustice et aux douleurs neurologiques de façon aiguë ces derniers mois*

Pour l’instant, je me dis plutôt que j’ai envie de vivre ma vie pour que ce soit la SP qui regrette de m’avoir «choisi» (à défaut d’un meilleur mot). Est-ce que je vais lui trouver du charisme à la sclérose en plaques avec les années? Après tout, certaines personnes gagnent à ce qu’on apprenne à mieux les connaître. Je vous tiendrai au courant…

Les Cowboys fringants – Les Étoiles Filantes

«Travailler, faire d’son mieux
En arracher, s’en sortir
Et espérer être heureux
Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester
De notre p’tit passage dans ce monde effréné?
Après avoir existé pour gagner du temps
On s’dira que l’on était finalement

… Que des étoiles filantes»

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